22 septembre 2021

Le conflit, la femme et la mère d’Elisabeth Badinter

Il y a trente ans, Elisabeth Badinter signait son premier livre L’Amour en plus, une histoire de l’amour maternel du XVIIIe siècle aux années 1970. Le livre avait alors causé de l’émoi car l’auteur y défendait la thèse qu’il n’y a pas d’instinct maternel au sens où la femme serait supposée naturellement plus capable que l’homme d’amour envers son enfant. Ce faisant, elle a tracé un chemin de déculpabilisation des mères dont certaines lui sont encore reconnaissantes.
Pourquoi reprend-elle la plume aujourd’hui ? Parce qu’elle constate un repli inquiétant sur le terrain des droits des femmes, lequel se manifeste, par exemple, par la forte baisse de la natalité dans tous les pays développés (bien moins nettement en France comme on sait), la hausse conjointe du nombre de femmes qui ne veulent pas avoir d’enfant (en dix ans, la proportion a doublé), le regain des discours naturalistes visant à river les femmes à leur rôle de mère, et plus spécifiquement par le biais d’un diktat concernant l’allaitement… Sur ce sujet précis, elle enquête pour comprendre comment l’on est passé d’un système relativement libéral à une pression de plus en plus marquée du corps médical et de l’entourage familial. Elle dénonce le rôle de la Leche League, née aux Etats- Unis dans les milieux du fondamentalisme chrétien, et qui s’est peu à peu infiltrée partout, chez les féministes et les écologistes notamment.
Le tableau qu’elle dresse est inquiétant – surtout dans les pays de tradition matriarcale (l’Allemagne et l’Italie), mais aussi dans les pays scandinaves. La barque de la maternité est aujourd’hui chargée de trop d’attentes, de contraintes, d’obligations. Il y a péril tant pour la femme et le couple que pour le lien social : quelle perspective offre une société où le fait d’avoir un enfant serait le lieu d’un clivage fatidique ?
source: FNAC

Philosophe, spécialiste de la pensée des Lumières, Elisabeth Badinter est l’auteur de nombreux essais. C’est dans sa veine féministe qu’elle a connu ses plus grands succès : L’Amour en plus, X/Y. De l’identité masculine, L’un est l’autre, Fausse Route, tous traduits en une douzaine de langues.

Après avoir lu, « l’Amour en plus », c’est tout naturellement que je suis arrivée à cette lecture. Et je ne comprends toujours pas, la haine à sa sortie. Il est tout simplement vrai dans son analyse. Heureusement que nous avons encore quelques femmes, de surcroit philosophes, comme Madame Badinter, pour  amener le débat vers émancipation de la femme et regarder ensemble le constat de ce que nous avons perdu nous les femmes. Je ne parlerai pas de ces nouvelles pensées qui tentent de drainer les jeunes femmes à revenir à la nature en allaitant et en restant chez elle à élever leurs enfants pendant 3 ans !

Je les expresse de lire ce texte admirable.
Claudia

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