Analyse stimulante, mais qui souffre d’un angle mort majeur : la sociologie.

Si les propositions économiques de Guillaume Étievant pour sortir du capitalisme sont cruciales, elles semblent oublier le poids du conditionnement social. On ne peut pas demander à un peuple, même de gauche, de basculer du jour au lendemain dans de nouveaux réflexes démocratiques ou d’autogestion. Le capitalisme n’est pas qu’un système financier ; c’est un poison culturel et psychologique qui, après des décennies d’imprégnation, modèle nos corps, nos cerveaux et nos habitudes.

Malheureusement, l’équipe de la France insoumise et Jean-Luc Mélenchon lui-même n’y échappent pas. Leurs pensées et leurs structures militantes restent profondément affectées par les réflexes de la société dans laquelle ils ont grandi. Vouloir changer la société par la théorie ou les urnes ne suffit pas si l’on ne combat pas cette aliénation intériorisée.

Ernesto « Che » Guevara l’avait parfaitement compris : conscient du risque de déconnexion et de la reproduction des schémas de domination par les nouveaux dirigeants, il s’imposait d’aller régulièrement couper la canne à sucre ou travailler en usine aux côtés des ouvriers. C’était sa façon de rester ancré dans la réalité matérielle des travailleurs et de se « désintoxiquer » par le corps.

L’économie propose des structures alternatives, mais c’est la sociologie qui explique la difficulté de l’humain à s’en emparer. Pour conclure, je citerais Paulo Freire : « Personne n’éduque personne, personne ne s’éduque seul, les Hommes s’éduquent ensemble par l’intermédiaire du monde ». Ceci est valable pour la gestion du Média.

Claudia

By claudia

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