Le 9 décembre 2023, Yves Namur, poète belge, secrétaire perpétuel de l’Académie royale de langue et de littérature françaises de Belgique, recevait Fatou Diome, élue en janvier de la même année avec une très large majorité des voix.

Son discours de réception est une passionnante exploration de l’œuvre d’une écrivaine « à la destinée exceptionnelle » qui, née sur l’île de Niodior, un village de pêcheurs au Sénégal, comme on le découvre dans son premier grand succès, Le Ventre de l’Atlantique, est venue s’installer en France en 1994. Dans cet hommage, l’académicien salue la combattante pour la liberté et contre toutes formes d’intolérance, sans oublier la puissance d’évocation de son écriture.

Comme le veut la tradition, Fatou Diome répond en faisant l’éloge de l’autrice à laquelle elle succède au fauteuil 34, la Québécoise Marie-Claire Blais, une autre « femme debout » qui mena elle aussi un ardent combat contre les injustices et se distingua par l’originalité de son style.

Fatou Diome retrace son itinéraire singulier, depuis son île natale de Niodior au Sénégal jusqu’aux institutions littéraires européennes. Elle y rend hommage aux grands auteurs qui l’ont construite et livre une méditation vibrante sur la langue française comme espace de liberté, de métissage et de fraternité universelle.

Fidèle à son style oratoire passionné et incisif, l’autrice insuffle un souffle poétique et politique rare à ce protocole académique. Fatou Diome réaffirme avec brio que la langue française n’appartient pas à une seule géographie, mais à tous ceux qui la chérissent, l’enrichissent et la frotte à d’autres cultures (la francophonie vivante).

  • Un hymne à la liberté de penser : Le texte dépasse le simple hommage personnel pour devenir une défense ardente de la littérature face aux obscurantismes, aux replis identitaires et aux frontières étanches.

  • L’émotion de l’affranchissement : Le récit de son parcours de petite fille sénégalaise autodidacte devenue académicienne apporte une dimension d’espoir et de dignité particulièrement touchante.

Il s’agit d’un discours d’apparat qui s’adresse en priorité aux amateurs de la francophonie, plutôt qu’aux lecteurs en quête de fiction romanesque.

Ce texte est magistral. Il offre une réflexion lumineuse sur le pouvoir des mots, et le parcours remarquable d’une femme de lettres à la liberté absolue.

Claudia

By claudia

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