25 février 2021

Je n’aurai pas d’enfant, cette phrase vous parle ?

Je ne veux pas d’enfants, la vue d’un bébé m’indiffère et ne provoque aucun sentiment « maternel » en moi.
Nous préférons vivre pour nous-mêmes que de projeter nos désirs non accomplis sur un enfant.
Je n’ai jamais aimé joué à la poupée, ça m’ennuyait ferme.
Nous avons grandis dans une famille unie, mes parents sont ensembles depuis 30 ans,  notre enfance a été simple et heureuse, sans histoire
J’admire les mères de famille, il faut bien du courage pour tenir le coup tous les jours…. Mais moi, je ne me sens pas « mère » du tout…

Ces phrases vous parlent ?

Dans notre société, une femme ou un homme qui ne souhaite pas avoir d’enfant sont regardés comme des personnes insensibles. Et si c’étaient eux qui avaient raison ?

« Pour devenir mère, il est en effet nécessaire de renoncer à son statut d’enfant. Ce renoncement s’opère parfois d’une manière difficile et douloureuse. Vous avez bien le droit de penser que les enfants sont une source de contraintes, et ce n’est pas égoïste de vouloir profiter de la vie. Ne vous culpabilisez pas et profitez de votre vie. Nous le savons aujourd’hui, l’instinct maternel chez les humains n’existe pas. Ce n’est pas pour une femme une nécessité absolue que de faire un enfant. Certaines femmes choisissent d’ailleurs de ne pas en faire sans en souffrir. L’important, c’est d’être au clair avec soi-même sur cette question. Certaines histoires d’enfance empêchent les filles devenues adultes de pouvoir sereinement désirer être mère à leur tour. C’est parfois plus une question de protection, voire de survie, que d’égoïsme. Nous ne sommes pas dans un monde où la société trouve normal de ne pas vouloir d’enfant. Le goût de la norme mène toujours le jeu et malheureusement, toute personne qui ne rentre pas dans cette norme est considérée comme suspecte ou malade, à soigner ou à rééduquer pour redevenir comme tout le monde. Ne vous laissez pas prendre par la culpabilité d’être différente et faites ce qui vous semble être le plus vrai pour vous, sans vous soucier des autres ».

Catherine Mathelin, psychanalyste

 

L’être humain par sa culture judéo-chrétienne se doit d’avoir un enfant pour prolonger la vie. 

Mais notre moi, il dit quoi ? 

Il dit: « j’ai envie ou je n’ai pas envie de donner la vie, mais nul n’a le droit de juger mon choix, d’être mère ou pas » 

A mon avis, la femme qui fait le choix ne pas être mère, exprime par son courage sa liberté d’être femme.

Voici les messages que j’ai reçu:

« L’instinct maternel n’existe pas, et j’en suis la preuve vivante. J’ai mis deux enfants au monde, par erreur, j’ai fait ce que je pouvais pour qu’ils ne manquent de rien, mais au bout de 4 ans, le poids de la responsabilité était trop fort, les soucis financiers écrasaient toute forme d’amour ou d’affection, et pour moi enfant = clairement fardeau. Je les ai donnés tous les deux (à sept ans d’intervalle) en adoption (je précise que j’étais mère célibataire), et ce fut pour moi juste un grand ouf! de soulagement, jamais aucun regret, juste un peu de chagrin, vite oublié. Aujourd’hui, je les ai retrouvés tous les deux, (20 et 30 ans après), et rien n’a changé: aucun sentiment et malgré toutes les tentatives de ma fille pour se rapprocher de sa « maman biologique », je ne parviens pas à la considérer comme mon enfant. Ils sont bien, heureux et en bonne santé tous les deux, c’est ce que je leur souhaitais. Et savoir qu’ils ont eu une belle enfance et une famille aimante qui a fait d’eux des personnes équilibrées est ma seule joie. Abandonner et faire adopter mes enfants, voilà le plus beau cadeau que je pouvais leur faire!
Michaeliss

  • Bonjour Michaeliss,
    Je vous remercie pour votre témoignage très prenant. Je trouve cela très courageux que de mettre des mots sur ce ressenti. Malheureusement, bien des personnes condamnent, sans comprendre tout ce chemin de réflexion qui a fallu faire pour prendre la décision d’aller contre les codes de la société bien pensante….
    Si vous avez su écrire ou dire tous vos mots à vos enfants, ils pourront alors faire le deuil de la mère qui n’est pas en vous, pour peut-être, apprendre à mieux vous connaître en tant qu’individu, vous apprécier et vous comprendre. J’ai souhaité écrire cet article pour dédramatiser cette situation que je crois comprendre, mais que je ne vis pas. Je suis mère de deux garçons, que j’ai souhaité.
    Claudia

« Je me permets un commentaire qui vaut ce qu’il vaut. Avant que mon fils vienne au monde, je n’avais pas « choisi » d’être mère, on m’avait annoncé un utérus défunt et l’enfant a trouvé le moyen, malgré la sentence, de naître. Oui, j’aurais encore pu choisir de ne pas aller jusqu’au bout, je ne l’ai pas fait, il a 20 ans et je suis heureuse qu’il soit né. Je suis la dernière d’une fratrie de 9 enfants et ma famille n’a pas été unie, qu’importe ! ma famille est celle que je compose avec mon fils et mes chiens oui, oui, mes chiens. J’ai élevé mon fils seule et je n’ai jamais revendiqué le droit à la perfection, tant mieux, en ne me mettant pas sur un piédestal, j’ai permis à mon fils de m’embrasser plus souvent plutôt que de m’admirer, et du reste je ne suis pas admirable, je suis juste bêtement humaine et cousue d’imperfections. L’éducation que j’ai transmise et que je continue à transmettre à mon fils n’aura sans doute rien à voir avec celle véhiculée par d’autres, chacun fait comme il peut avec ce qu’il possède de sa propre histoire et de ses propres découvertes. Mon fils fera à son tour le parcours de sa vie et je resterais là, à l’écoute toutes les fois où il en aura besoin.
J’aurais peut être pu me passer de la maternité, mais être mère est pour moi un immense bonheur que je ne saurais trahir en omettant les difficiles combat parfois, les doutes qui assaillent et les lames de fond qui transpercent, mais j’ai confiance en mon fils, c’est lui qui m’a enseignée, c’est lui qui m’a souvent soufflé la meilleure réponse possible. L’un vers l’autre, nous allons toujours, et si le chemin n’est pas toujours jonché de belles roses, il n’est pas non plus infranchissable.
Ce n’est pas un plaidoyer pour la maternité que je fais là, c’est uniquement mon témoignage. Je ne porte pas la robe de mère et je n’en fais pas un sacerdoce, je suis une femme à qui c’est arrivé et qui se demande aussi ce qu’elle aurait pu faire d’autre dans la vie, des tas de choses probablement. Je n’ai pas cessé d’aimer ce que j’aimais avant que mon fils naisse, j’ai appris à en aimer d’autres et la seule recette de l’amour qui vaille la peine c’est d’additionner de l’amour à de l’amour.
Voilà !
Merci de m’avoir lue Laurence

  • Grand merci Laurence de déposer votre si poignant témoignage
    Je suis mère et pour moi aussi au départ, ce n’était pas gagné…

« J’avoue ne pas m’être posée de questions, mes enfants(3) je l’ai eu parceque j’en éprouvé le besoin profond, je suis heureuse de partager cette vie avec elles , et je comprends tout à fait le non désir d’en avoir. Nul n’a à se justifié, je suis pour accepter les êtres avec ce qu’ils sont, tout simplement, j’aime me sentir touchée par les autres dans leur histoire, c’est déjà beaucoup!
Tes articles sont intéressants et j’ai plaisir  à les lire. Je déteste les culpabilisateurs (je sais pas si le mot existait mais maintenant oui) ils sont hypocrites consciemment ou pas.
jocelyne

  • Je n’ai rien à ajouté, tu as tout dis: l’essentiel
    Grands merci pour le chaudoudou
    Claudia

« Être un père aussi est un choix malgré tous les clichés que la société véhicule. Ce n’est pas le fait de faire un enfant qui change le monde ou la vie : c’est l’enfant lui-même dans ce qu’il a d’unique  qui est gage d’avenir et d’espoir, au même titre mais à un autre niveau que le nouvel arbre,la nouvelle espèce de fleur.Dans le grand remue ménage de la vie toute vie est garante de bio diversité et de diversité tout cours. j’ai été adopté, j’ai des enfants et je connais aussi des gens qui sont père ou mère sans avoir enfantés mais dont la postérité est nombreuse.
Tes articles vont toujours au fond de l’âme humaine. Merci pour ton passage « à la montagne » bonne continuation.
Pierre

  • C’est vrai, tu as tout a fait raison de le souligner, le choix d’être parent, ne touche pas que la mère, mais aussi le père. Et comme tu le dis si bien, l’importance n’est pas dans la filiation mais bien dans l’amour du parent qui donne.
    Je te remercie beaucoup pour ta participation, qui a chaque fois, me fait réfléchir et me fait rebondir plus loin dans le sujet qui me tient à cœur: l’enfant
    Bon dimanche
    à bientôt
    Claudia

« coucou claudia
j’ai choisi d’être mère ; je pense  donner beaucoup d’amour à mes enfants ; ils sont toujours passés en priorité ; cependant je comprends et je respecte le choix des femmes (ou des hommes) qui n’en veulent pas… il vaut mieux ne pas en avoir, plutôt que de faire des futurs petits malheureux… dans quelle galère sont-ils tombés ? » j’ai une amie de 40 ans qui n’en désire pas pour la raison suivante : très impliquée pour lutter contre la maltraitance animale (surtout pour les chats), elle aurait trop peur d’avoir un enfant qui ne respecte pas la vie d’un être vivant quel qu’il soit…
bisou et chamitiés « 
béa kimcat

  • Bonjour Béa,
    je te rejoins dans la pensée: mes fils sont la prunelle de mes yeux et tout ceux qui y touchent sont condamnés
    bise
    Claudia

« Merci pour cet article qui me parle beaucoup…
ça me déculpabilise d’un coup.
je vais me coucher plus légère…
Lali, 30 ans, qui ne ressent pas le désir de devenir mère et se pose pas mal de questions… »

  • Etre mère est un choix
    Choisi, ce que ton cœur te dit, sans obligation de société
    et soit heureuse

Claudia

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur comment les données de vos commentaires sont utilisées.