8 mars 2021

Ce que savait jennie de Gérard Mordillat

Elle a pas froid aux yeux Jennie !
Jeune adolescente de 13 ans, qui vit avec sa mère Olga, sa petite soeur Malorie et son beau-père, Mike. Il faut dire que la vie ne lui fait aucun cadeau. Milieu social populaire,  des effluves d’alcool, des goujateries en veux-tu en voilà …

Leur maison est située dans un coin perdu entre une voie ferrée et un terrain pollué. Toujours en chantier elle est encombrée de divers matériaux que Mike « récupère » à son travail, ou auprès de ses collègues.

Quelques moments de bonheur, de répit, apporteront un frère et une sœur. Jennie prend à cœur son rôle de petite mère.

Mais la destinée s’acharne à nouveau par des rebondissements d’une violence extrême.

Jennie devient alors une vraie écorchée vive, bien déterminée à réunir à nouveau sa fratrie. Elle se bat à 26 ans, pour rester en vie. Son but voir la mer du haut des falaises d’Etretat avec ses frères et sœurs.

Et puis, il y a la rencontre avec Quincy, dont la mère, après avoir été licenciée, s’est suicidée en laissant à ses patrons un mot : « Demandez-moi pardon. » Ces mot résonnent en lui comme des poignards jusqu’au jour où tout bascule.
Jennie lit Henry James « Ce que savait Maisie ». Il ne la quitte pas. Il est son bien le plus précieux. Son carnet de voyage. Il est annoté par l’éducateur qui lui a donné et par elle même. Elle lui donne la vie. 
Ensemble, ils partent chercher ses sœurs et son frère.

Oui, mais voilà …

Gérard Mordillat, l’auteur des vivants et des morts, mais aussi de xenia, de notre part d’ombre a la plume toujours autant sociale. Nous sommes dans le vécu d’une famille prolétaire.  Nous sommes dans la vraie vie, celle d’en bas …

Roman social où une petite fille lumineuse se retrouve propulsée dans le monde des adultes trop grand, trop violent.

 « Quand elle était petite, au catéchisme, le curé leur avait parlé de la résurrection et leur avait présenté des images de Jésus montrant les plaies de son supplice à saint Thomas. Elle avait été punie pour avoir demandé comment ressusciterait un homme mangé par un requin puisque le Seigneur avait ressuscité avec ses blessures. Devrait-il ressusciter avec les siennes?
La question avait paru insolente. » 

« Qu’est-ce qu’on t’apprend à l’école? A être le meilleur, le plus performant, celui qui a les meilleures notes, celui qui rafle les prix… En réalité, on te dresse pour le marché. Pour te fourrer dans la tête l’idée de concurrence. (…) Ça sert à ça l’école. A faire de toi un type qui ne pourra pas penser en dehors de la concurrence et de la consommation. Question apprentissage de la liberté de penser, c’est pire que ce que faisaient les curés! C’est la voie royale de l’aliénation. Tu ne crois pas qu’on peut très bien vivre sans vouloir être meilleur que les autres? »

La fin m’a quelque peu déroutée, je voulais tellement qu’elle arrive à s’envoler en haut des falaises d’Etretat …

Claudia

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