5 mars 2021

Sociologie de la bourgeoisie, Michel Pinçon et sa femme Monique Pinçon-Charlot

Michel Pinçon et sa femme Monique Pinçon-Charlot, sociologues de gauche, marxistes, sont les deux spécialistes français des études sociologiques sur la richesse. Anciennement directeurs de recherche au CNRS, ils travaillent au laboratoire CSU (Cultures et Sociétés Urbaines) au sein de l’IRESCO (Institut de Recherche sur les Sociétés Contemporaines). Spécialistes reconnus d’un domaine où ils ont été des pionniers, ils ont conduit de nombreuses enquêtes sur la bourgeoisie dont ce livre.

« Sociologie de la bourgeoisie » est une synthèse de recherches réalisées par les deux auteurs. Il reprend en format de poche les résultats d’enquêtes antérieures. 

Le but de ce livre est de lever le voile qui recouvre les mystères de la bourgeoisie et de montrer ce qui constitue en classe sociale, un groupe apparemment composite. Des industriels, des hommes d’affaires, des banquiers, de vieille souche ou de récente extraction, y voisinent avec des exploitants agricoles, des hauts fonctionnaires, des membres de l’Institut, des généraux…

Les travaux sur la haute société sont rares, laissant dans l’ombre privilèges et privilégiés.

Les raisons à cela sont multiples :

  • La rareté des financements permettant de tels travaux.
  • La difficulté de mener des investigations auprès d’agents occupant des positions dominantes, qui disposent de pouvoirs étendus et remettent ainsi le chercheur à sa place, dominé.
  • La maîtrise de la présentation de soi des bourgeois : par l’art de la conversation et le maintien du corps, le grand bourgeois contrôle l’image qu’il donne de lui-même, technologie sociale qui constitue une partie importante de son éducation et qui assure l’apparente métamorphose de qualités sociales en qualités naturelles.
  • La priorité accordée aux problèmes sociaux et donc aux catégories vivant le chômage et les difficultés de tout ordre.
  • La recherche trouve un obstacle dans la collecte des informations et des observations, étant donné que la haute société cultive la discrétion sur son mode de vie et sur ses richesses accumulées, et que l’administration protège les fortunes.

Malgré ces obstacles, travailler sur les privilégiés est nécessaire, car on ne peut comprendre la société sans en connaître les sommets.

Ce livre présente donc une lecture sociologique originale et nouvelle de la bourgeoisie.

Suite de cet article fort intéressant.

Par cette lecture, j’ai appris beaucoup de chose sur le fonctionnement humain.

Je comprends pourquoi il est si difficile de (re)créer un grand mouvement à gauche. La bourgeoisie est une classe mobilisée. Elle se construit sans discontinuité pour préserver et transmettre à sa descendance sa position de dominant dans la société. 

Puis, nous avons la classe moyenne (artisans, commerçants, médecin, professeurs, etc.) qui s’est beaucoup développée depuis la libération où triomphe individualisme: réalisation individuelle et affirmation de soi. La liberté d’entreprendre sans prendre en compte le groupe auquel nous appartenons.

Nous arrivons à la classe populaire où la fierté du travail, les luttes et rassemblements syndicaux et politiques ont eu leurs heures de gloire. Mais où aujourd’hui malheureusement est né l’individualisme négatif qui fait que le vivre ensemble est inexistant.

l’optimisme est mis à rude après ce livre et pourtant l’espoir d’un monde meilleur est à portée de main.

Claudia 

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